Hommage à mes parents

Les enfants commencent par aimer leurs parents;
devenus grands, ils les jugent; quelquefois, ils leur pardonnent.
Oscar Wilde

Un hommage à Lionel et à Nany

Papa et maman au chalet en 1949.

Mon papa se prénommait Lionel. La plupart de ses amis et aussi ma mère l’appelaient Nel.

Ma maman se prénommait Rose-Anna. Elle n’aimait vraiment pas son prénom. Ses amis, sa fratrie et plus tard ses deux petits-fils la surnommaient Nanny. Mon père, pour sa part, l’a toujours appelée Nan.

J’ai eu aujourd’hui une pensée particulière pour eux. Il ne s’agit pas d’une nostalgie du temps passé ni d’un anniversaire particulier, juste d’une simple réflexion sur eux comme parents. Sur ce qu’ils m’ont apporté de positif dans la vie.

Parfois, lorsque nous pensons au passé, ce sont les sources de conflit ou d’incompréhension qui remontent. Mais, cette fois-ci, ma pensée était plutôt orientée sur l’influence positive qu’ils ont pu avoir dans ma vie.

De papa, je retiens la résilience au travail, la capacité de trouver du plaisir à aller travailler. J’ai toujours vu mon père chanter ou siffler en se rasant le matin avant de partir pour le bureau. Mon père était courtier en vente de bétail (en gros). Lorsqu’il s’est fait congédier brutalement à l’âge de 57 ans, je l’ai vu se retrousser les manches pour lancer sa propre affaire et devenir un compétiteur majeur de l’entreprise qui lui avait cavalièrement montré la porte. Une compétition forte, sans complexe. Une image forte aussi, celle d’un homme qui se levait du fauteuil profond où il s’était affaissé, lançant un gros juron avant de dire haut et fort que ses ex-employeurs n’auraient pas raison de lui.

Je suis donc reconnaissant envers mon père qui a été pour moi un exemple de comportement au travail. Il m’a transmis une confiance en moi pour relever les défis et pour passer à travers les embûches professionnelles.

De ma mère, je retiens une force créative, de faire avec rien, de créer avec peu de ressources, transformer une idée en réalité concrète. Maman était,comme beaucoup de femmes à cette époque, une ménagère. Pas une ménagère comme il y en a eu dans les romans qui s’ennuient de passer leur journée à la maison. Elle était toujours affairée à créer. C’était une magicienne de la couture capable de faire un miracle avec un bout de tissus «pas trop cher» et un patron Butterick ou un McCall, parfois un Vogue qu’elle adaptait. Elle était aussi une esthète fort douée qui savait mettre en pratique l’effet pygmalion reçu au début de sa vie de jeune adulte. Je n’ai jamais vu ma mère s’ennuyer. Comme je n’étais pas d’une très grande dextérité, je dessinais à ma mère ce que j’aimerais voir comme création et elle parvenait, Dieu sait comment, à concrétiser mes rêves. Je pense ici à une voiturette et aussi à deux tableaux de bord de vaisseaux spatiaux qui, à mes yeux d’enfants, étaient parfaits. Il y a eu aussi tous ces costumes d’Halloween et des tenues vestimentaires de cowboy. Elle m’a donc permis d’apprendre à communiquer clairement mes idées ce qui m’a grandement servi à l’âge adulte. Tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, je n’ai jamais hésité à aller chercher l’expertise des gens pour tout travail manuel pour lequel je ne me sentais pas vraiment habile.

Je suis donc reconnaissant envers ma mère de m’avoir appris à faire confiance aux gens doués pour concrétiser des rêves.

Voilà ! C’était mon état d’âme en ce 21 octobre, un jour d’automne qui tente tout doucement de nous apprivoiser à l’idée de l’hiver qui se prépare.

A.

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