Plaidoyer pour une rencontre entre la culture populaire et la culture élitiste

Je lis et entends depuis quelques jours des gens qui s’indignent, qui s’irritent même face aux jeunes supposément «ruinés par les réseaux sociaux». Ils ciblent leur désarroi en lien avec leur manque d’intérêt pour la formation académique et la culture savante, leur emprisonnement dans une culture de masse qui serait aussi pauvre que désolante. Il faudrait peut-être les inviter à se familiariser avec le concept de  Cultural Studies!

Je fais ici surtout allusion aux déclarations répétitives de Lucien Francœur* sur tous les médias qui acceptent de prêter attention à ses propos que je qualifierai poliment de conservateurs. Je pense aussi à cet enseignant dans un lycée en France qui se vante allègrement d’avoir piégé ses élèves**.

À chaque fois que je me trouve confronté à ces gens qui déchirent leur chemise sur la place publique au nom des vertus de la culture avec un grand C et du savoir avec un grand S, je pense toujours à cet extrait du film La société des poètes disparus où John Keating, un enseignant quelque peu marginal, apprend à ses élèves à contester les grands principes magistraux énoncés dans le livre qu’ils utilisent dans leur cours de poésie. Keating porte en lui la passion de la beauté des mots et du sens évocateur que ces mots donnent à la poésie lorsqu’ils sont cousus ensemble… Ce pédagogue apprend à ses étudiants à découvrir à quoi cette poésie correspond pour eux en passant par LEURS repères culturels au lieu de demeurer dans le cadre rigide de leur manuel scolaire. En interprétant Hamlet à la façon de Marlon Brando et de John Wayne, il les touche et leur permet de faire le pas entre la culture classique et la culture de leur propre époque.

Bon, tout ça c’est tiré d’un film, c’est de la fiction… Mais dans la vraie vie, il y a aussi des profs qui savent faire passer l’«essentiel», c’est à dire la passion de connaître, avant le «très important» qui souvent n’est que du savoir pointu, vide, ne correspondant à rien pour celui à qui il est offert.

La passion de connaître

Je pense à Erin Gruwell, jeune enseignante californienne de 23 ans, qui a su transformer ses élèves en Freedom Writers et qui a su quel chemin prendre pour atteindre ces sous-performants, rejets du système, que tout le monde autour d’elle tenait pour perdants.

Plus près de nous, je me souviens aussi de cet enseignant, rencontré à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île il y a plusieurs années, qui travaillait avec des élèves de plusieurs nationalités, d’un milieu socio-économique très faible, dont la langue maternelle était l’espagnol, l’arabe ou le créole, tous porteurs d’une culture bien différente que celle qu’il avait à transmettre. Il les avait, de façon très astucieuse, amenés à découvrir toute la beauté des paroles de If You Go Away, en omettant de leur dire la provenance de la chanson. Il leur avait en effet lancé un défi : dans le cadre d’une activité de la Saint-Valentin, il leur proposait de faire entendre en classe à leurs camarades comment la chanson dans LEUR langue maternelle célébrait l’amour. Il leur avait aussi dit qu’il apporterait une chanson en anglais (interprétée ici par Barbra Streisand), connaissant l’intérêt de ces jeunes pour les chansons interprétées dans cette langue. Il leur avait par la suite donné une «traduction» écrite, qui était en fait le texte des paroles originales. Ses élèves s’étaient ouverts, ils s’étaient exprimés sur la justesse, la beauté, la simplicité et la finesse des propos  rédigés dans la langue de Molière qu’il leur avait ensuite lus à voix haute. C’est seulement après cet échange que l’enseignant avait appris à ses élèves qu’il s’agissait de Ne me quitte pas de Jacques Brel. Les jeunes avaient adhéré, car il avait su comment les captiver.

Je pense aussi à Jean-Yves Fréchette, ce prof à la retraite du Collège François-Xavier-Garneau de Québec qui, bien des années avant Facebook et Twitter, avait créé une communauté culturelle de savoir et de partage avec ses élèves sur le Web. Voici qu’il revient maintenant dans le monde de l’enseignement avec des défis de twittérature aussi passionnants qu’originaux.

Je me souviens également de Monsieur Deslongchamps, mon prof d’histoire de l’art au CEGEP de Longueuil qui avait su me faire naître à l’esthétisme, en partant de mes intérêts et de ma culture personnelle, acceptant alors que je produise un travail sur le design automobile.

Ces gens sont tous des mentors, des passeurs culturels, des visionnaires. Ils refusent de se cantonner dans la nostalgie, la frustration et le désespoir, préférant être attentifs aux intérêts et motivations de leurs élèves pour faire naître en eux la connaissance et surtout le désir d’aller plus loin.

Faut être de son temps… mais pas seulement pour faire moderne

Pourquoi donc ces anecdotes? Tout simplement pour souligner qu’il n’y pas qu’UNE seule façon de partager le savoir et la culture,  et surtout qu’il faut être vraiment à l’écoute des jeunes pour comprendre le contexte qui favorise les apprentissages. L’impérialisme culturel ne fonctionne plus. Il est peut-être encore pertinent de montrer la Cuisine raisonnée mais il faut savoir aussi passer à la créativité culinaire. Cette allégorie s’applique aux jeunes. Tant et aussi longtemps que l’école en restera à la recette appliquée, les jeunes se tiendront loin de la grande cuisine et se réfugieront dans la restauration rapide. Est-ce que cela veut dire que je rejette la culture savante? En aucune façon! Je veux simplement proposer que l’on y arrive par des moyens différents, des moyens où les jeunes se reconnaissent, permettant ainsi de sortir la culture savante de son carcan élitiste.

Être ado aujourd’hui, j’aimerais que l’on me propose de lire le roman graphique Gemma Bovary de Posy Simmonds en me mettant au défi de lire ensuite le chef d’oeuvre de Flaubert sur une liseuse. Être jeune adulte, j’aimerais en apprendre plus sur le passage de la dynastie des Valois à celle des Capets à partir d’extraits du film La reine Margot sur Youtube pour ensuite être invité à passer à la lecture de la nouvelle de Dumas, en version numérique, via le Projet Gutenberg ( tome 1 et tome 2 ) au lieu de m’y confronter comme on l’a fait à l’époque lorsque j’étudiais dans un collège français. En passant, on voit bien ici que l’inclusion de la technologie, ce n’est pas le rejet des médias plus anciens, c’est plutôt la reconnaissance de leur complémentarité avec le numérique.

Une fois pour toute, il est important de comprendre que ce ne sont ni les jeunes, ni les technologies qu’ils utilisent qui sont les ennemis de la culture; ce sont plutôt ceux qui ne savent pas comment leur apprendre à s’en servir au quotidien de façon adéquate.

Formons les jeunes sans les conformer… plus que jamais ces paroles prononcées par Jean Rostand en 1960 font du sens! C’est une pratique gagnante, parce qu’elle colle à la réalité des jeunes, à la réalité du XXIe siècle***.
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*** Dans Le cahier de l’épistolière deux réactions senties ici et ici.
*** Sur le blogue ContreBande, une réplique fort intéressante ici.
*** Voici deux textes relatifs à la modernité en éducation, mentionnés par Monique Le Pailleur
******Propositions pour l’enseignement de l’avenir • Les sept savoirs liés à l’éducation du futur

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Conversation pédagogique

 

C’est quoi une œuvre résistante?

Il s’agissait d’une petite question posée, à brûle pourpoint, un samedi matin, à ma grande amie et collègue, Monique Le Pailleur (connue sous le pseudonyme de @Aurise sur Twitter…) une question qui devait se transformer en réflexion sur la pertinence d’enseigner des notions et des concepts élaborés en français au secondaire… Une question qui a reçu, dans un premier temps, une réponse savante…

Catherine Tauveron

MLP : Selon Catherine Tauveron, une œuvre résistante englobe des textes réticents (programmant des problèmes de  compréhension ) et des textes proliférants (programmant des problèmes d’interprétation) en raison de l’ambiguïté, de sous-entendus, d’ellipses, de contradictions, de fausses pistes, etc. C’est  la  caractéristique majeure des œuvres littéraires de qualité de s’avérer résistantes.

Moi : Et en français ordinaire ça veut dire quoi?

MLP : C’est le contraire des textes lisses

Moi : Tu peux me donner des exemples?

MLP : Ce sont des textes plates, univoques, sans défi particulier.  En font partie souvent les  écrits  pseudo littéraires dans le matériel didactique, donc, des textes qui se comprennent sans effort.

Moi : Oui mais, en littérature, tu as des exemples?

MLP : Les bons albums sont habituellement résistants. Tu veux des titres d’albums? Aussi, tous les poèmes suscitant des interprétations multiples sont également résistants.

Moi : Tu as des exemples provenant de la littérature pour les adultes? Des romans…

MLP : Je réfléchis aux derniers romans que j’ai lus…

Moi : Non… juste des exemples comme ça, de façon spontanée. sans longue réflexion, sans faire une recherche. L’œuvre de Schmitt, elle est résistante ou lisse?

Éric-Emmanuel Schmitt

MLP : Selon moi, les nouvelles de Schmitt sont assez simples, mais ses romans résistent davantage aux interprétations possibles. Notamment celui sur Ponce-Pilate et celui  sur Hitler (La part de l’autre). Dès qu’il y a de l’ambiguïté, diverses compréhensions interprétatives cela fait partie des textes résistants. Même Le Petit Prince est une œuvre résistante, puisqu’on peut y trouver plein de choses. Tous les albums majeurs de Claude Ponti le sont. Je dirais même que c’est une caractéristique du littéraire cette résistance dont parlait déjà Valéry. Dès que l’on sort un peu de l’univocité et du simplisme, on entre dans la résistance

Moi : Je trouve ta réponse fort intéressante. Tu as eu le réflexe de me donner une longue définition hermétique… n’est-ce pas ce  que la majorité des enseignants de français font? Selon moi, un élève au secondaire a besoin d’avoir une explication qui lui permet de comprendre toute de suite par exemple, qu’une œuvre résistante est une œuvre qui peut être sujette à diverses interprétations et qu’une œuvre lisse est  facile, trop peut-être, à comprendre du premier coup.

MLP : Oui, en effet.

Moi : Je crois que le gros problème de motivation scolaire au secondaire est le manque de vulgarisation. On fait toujours comme si la personne devant soi allait se diriger dans ce champ d’étude et en faire une spécialité.

MLP : Tu as absolument raison même si au secondaire les enseignants doivent avoir un minimum de culture littéraire quand ils enseignent le français. Voici à ce sujet un texte de Catherine Tauveron.

Moi : C’est comme un grand chef qui donne un cours de cuisine à un groupe de néophytes.

MLP : Je me sens mal tout à coup.

Moi : Pourquoi te sens-tu mal?

MLP : Je m’adressais à toi pas à un public de professeurs ou d’enseignants.

Moi : Moi je trouve ça plutôt amusant cette leçon savante.

MLP : J’entends que ce n’est pas pratique ce que je viens de te dire.

Moi : N’est-ce pas un réflexe? Quand tu dis: «…ce n’est pas pratique ce que je viens de te dire»,  je trouve que c’est un constat intéressant. Ne devrait-on pas toujours se demander si on est « pratique » quand on enseigne une leçon? Être conscient du public à qui la leçon est destinée? :-)

MLP (poursuivant sa réflexion) : C’est sûr que travailler avec des enseignants même avec un album pour la 1re année  comme AMI – AMI de Rascal, je ferais émerger  diverses interprétations et leur  ferais constater que c’est plus intéressant quand il n’y a pas une seule bonne réponse mais plusieurs qui se justifient. Dans l’exemple donné, un « miam miam » non mentionné ressort assez vite et suscite une autre piste interprétative hors du champ de l’amitié.

MLP (répondant à ma dernière question) : Non, jamais… je ne crois qu’à l’induction et aux émergences. Quand on transmet du savoir (simplement pour transmettre du savoir), c’est inacceptable à une époque où il y a Google. On n’aide pas  un élève à apprendre.

Moi : Mais ça va tellement à l’encontre de ce que les gens qui ont le pouvoir de décider font valoir présentement.

MLP : Je sais!

Moi : Mais, puisqu’on est pris pour les enseigner ces notions… ne vaut-il pas mieux avoir des formules simples que des formules savantes? Tu crois que bien des enseignants se donnent la peine de vulgariser les notions? Moi je suis sceptique.

MLP : Il faut tout d’abord se demander si c’est utile, si ça aide vraiment à mieux  écrire ou à mieux comprendre. Donc, il faut partir de la nécessité d’écrire  ou de comprendre un écrit en contexte. Partir des besoins et aller vers les contenus des programmes et pas l’inverse. Ainsi, on n’est pas pris pour enseigner les notions et les concepts mais sur la meilleure façon de les faire  acquérir aux élèves..

Moi : Pour ce qui est de la dichotomie  lisse/résistant, avec des élèves, je réfléchirais  en utilisant une terminologie plus accessible en leur demandant si le texte est facile et prévisible ou s’il laisse place à de multiples interprétations.

MLP : Ça peut être hyper simple le français… mais on ne veut pas. Moi, j’ai travaillé dans des contextes minoritaires où il fallait simplifier vraiment. Tu as raison. Nous n’avons pas  besoin de  ces grands mots sonnants et creux dont nous drapons nos ignorances.

Moi : J’aime l’expression «contexte minoritaire».

MLP : Oui car dans ces contextes il fallait d’abord travailler l’affectif, donner le goût de parler, de lire et d’écrire en français. Je trouve que l’on  s’y prend mal présentement pour développer des compétences  rédactionnelles. Il faut réconcilier le lire-écrire pour  que ce soit facile et surtout agréable et motivant!

Basil Bernstein

Dans un contexte minoritaire, les élèves ont d’emblée accès à un code restreint du langage (utilisation fonctionnelle) et non à un code élaboré (celui valorisé par l’école)… C’est du Bernstein que je te résume là.

Moi : Un super gros merci pour ce petit cours Monique :-)

MLP : Un bel échange, plutôt.

Travailler d’abord l’affectif, revoir le concept de «contexte minoritaire», voilà deux défis intéressants en ces temps de performances extrêmes où l’affectif est perçu comme un obstacle, une faiblesse… Le concept de «contexte minoritaire» peut être plus large que juste le découpage linguistique… ça peut être aussi un découpage culturel… en milieu défavorisé, aussi dans les régions où il y a une forte population multi-ethnique, dans ces deux cas, les élèves sont TOUS culturellement limités et peu enclins à adhérer à la culture que tente de leur imposer l’école. En ces temps où on place tout en opposition plutôt qu’en complémentarité, comment arriver à donner le goût de parler, de lire et d’écrire si on persiste à opposer culture savante (celle de l’école) et culture populaire (celle des jeunes, de ce qui les fait vibrer, qui leur permet d’affirmer leur affectivité)? Nier cette dimension n’est-ce pas se déshumaniser?

«Quand j’étais petit à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être quand je serais grand. J’ai écrit « heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, j’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie.» (John Lennon)
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Pour une vision proactive et pertinente du tableau blanc en français, langue d’enseignement

Les gens qui me côtoient le savent, j’ai beaucoup de réticence à utiliser le mot interactif lorsqu’il est question de tableaux blancs numériques. Je ne les trouve pas plus interactifs que le pavé tactile sur mon ordinateur ou mon doigt sur la surface tactile de ma tablette numérique ou encore le morceau de carton et les crayons feutres utilisés pour réaliser une activité de graffiti circulaire afin de faire une collecte d’idées. Ce sont les interactions entre les personnes qui rendent l’utilisation d’un outil interactive et non l’objet technologique lui-même! Mais là n’est pas l’objet de ce billet. De toute façon, le terme TBI1 est maintenant tellement répandu qu’il serait futile de jouer les Don Quichotte. Puisqu’il faut savoir choisir ses batailles, je n’utiliserai pas le terme TBI dans ce billet, car je suis ici chez moi et que le terme interactif que l’on utilise à toutes les sauces me rend carrément inconfortable. J’ai trouvé, grâce à @carobegin, sur le blogue d’un enseignant français, deux billets où un point de vue similaire au mien est présenté. Voir deux de ses billets sur ce sujet ici et ici).

Dans un deuxième temps, je désire non seulement mettre de côté mes préjugés mais aussi dégager certains postjugés pour esquisser quelques propositions concernant une utilisation pertinente du tableau blanc en classe.

Mes préjugés

Je crains, effectivement, que l’introduction du tableau blanc en classe mène à un retour à l’enseignement transmissif intégral, qu’il fossilise les enseignants dans le paradigme de l’enseignement, qu’il valorise la leçon donnée par une personne (enseignant ou élève) à un groupe de spectateurs plus ou moins passifs.

On peut se demander dans quelle mesure un tableau blanc permet de rester dans le paradigme de l’apprentissage. Je crois que, contrairement à ce que certaines personnes semblent le croire, la leçon n’est pas la situation idéale pour rejoindre les élèves et les impliquer dans la construction de leurs savoirs. Comme le dit si bien @Aurise : «Il ne faut pas  faire comme avant, il faut faire autrement» Alors, et la question est bien LÀ, comment faire autrement avec un tableau blanc? Il faut être très vigilant pour demeurer perspicace et ne pas s’imaginer centré sur l’apprentissage en construction ou en train de mousser de l’innovation en faisant la promotion du tableau blanc tous azimuts.

Des postjugés… en construction

À mon sens, un certain nombre de questions devraient être prises en considération lorsqu’on utilise un tableau blanc :

  1. Est-ce que ce qui ira sur ce dernier correspond bien aux intérêts des élèves?
  2. L’utilisation qui en sera faite, de façon ponctuelle, s’inscrit-elle dans le cadre d’une activité plus large, dans une séquence, de telle sorte que le tableau ne sera pas utilisé  de façon isolée?
  3. Comment peut-on passer de l’enseignement explicite pur et dur à l’insertion de séquences d’enseignement explicites dans le cadre plus large d’un enseignement stratégique?
  4. Sera-t-il possible pour plusieurs participants d’interagir sur la surface numérique?
  5. Pourra-t-on combiner des applications pour ne pas se limiter au logiciel qui contrôle le tableau blanc3?

En guise d’exemples, voici quelques propositions d’activités qui prennent en considération ces facteurs2.

1. Activité magistrale impliquant des élèves

Stratégies pour une meilleure compréhension en lecture et en écriture

En septembre 2011, le RÉCIT, Domaine des langues va publier des propositions d’utilisation du tableau blanc pour enseigner des stratégies de lecture (et, plus tard, des stratégies d’écriture) en français pour assurer une meilleure compréhension des textes écrits. Je n’élaborerai donc pas maintenant sur cette façon d’utiliser un tableau blanc en classe.

Je tiens cependant à mentionner qu’il me semble que ce genre d’activité est plus approprié en petits groupes de 3 ou 4 élèves. Je crois aussi que ça peut être un outil intéressant  auprès des élèves en difficulté d’apprentissage.

2. Activité de type  ludico-pédagogique, réalisable  sur une courte période de temps

Un exemple – Mon tautogramme, ton tautogramme

Un tautogramme est un texte dans lequel tous les mots commencent par la même lettre.

Étapes de rédaction d'un tautogramme

Alors, pourquoi ne pas lancer un défi à des équipes d’élèves en leur attribuant une lettre de l’alphabet par tirage (en prenant soin d’enlever celles dont le niveau de difficulté serait trop élevé) afin de constituer, dans un premier temps, des banques lexicales comprenant la lettre tirée au sort puis, dans un deuxième temps, de soumettre leur banque à une équipe alliée ou adverse pour créer un tautogramme?

3. Activités plus longues à réaliser – Comment mettre à profit une surface tactile grand format?

Au primaire – Le jeu d’aventure en classe

Préparation collective du jeu d'aventure

Le jeu d’aventure en classe est une activité complète qui  permet le développement des compétences, des stratégies et des connaissances en français. À la suite de nombreuses années d’observation dans différents milieux, nous avons pu constater que c’est  une activité extrêmement motivante pour les garçons. À cet égard, le tableau blanc peut être utilisé pour modéliser les pratiques des élèves et aussi pour les soutenir dans le  jeu.

Dans un premier temps, je crois que l’outil peut être intéressant pour développer des stratégies de lecture tout en améliorant les habiletés à chercher et à traiter de l’information. Partir d’un objet de recherche, trouver de la documentation pertinente, comparer les sources…

Cette façon de faire permet aux élèves de comparer leurs façons de chercher et de traiter de l’information.

Éléments utilisés lors d'une joute

Dans un deuxième temps, en sous-groupe, le tableau peut permettre de fournir un soutien logistique aux joueurs en leur permettant d’accéder à un environnement qui les aidera à scénariser le jeu (il s’agit d’un site, un lieu virtuel qui leur permet aisément de manipuler les cartes des lieux visités et de mettre en évidence les personnages rencontrés).

Correction collective d'un chapitre lié au jeu d'aventure

Dans un troisième temps, toujours en sous-groupes et toujours dans une perspective modélisante, lors de la révision du récit (narration d’une joute), l’outil devient utile pour faire une correction collective : utiliser une banque lexicale constituée par les élèves, consulter un dictionnaire en ligne ainsi qu’une aide à la correction. Ainsi, de cette manière, les élèves peuvent réfléchir ensemble sur les façons possibles d’enrichir le texte et de le bonifier.

Au secondaire – Se préparer à un festival de slam

Comparer des productions

La grande surface du tableau blanc permet de combiner des présentations en les lançant du bout des doigts. Lors d’une activité pour se préparer à un festival de slam par exemple, il est possible d’écouter un artiste professionnel afin de dégager des façons de faire. Par la suite, à l’aide de critères déterminés à l’avance,  il est aussi possible de comparer des productions d’élèves.

Conclusion

Le tableau blanc n’est pas une panacée. Il serait très dangereux de lui attribuer des vertus magiques et préventives. Il faut donc absolument contextualiser son utilisation…  et ne pas oublier que, comme dans toutes choses, la modération a bien meilleur goût ;-)

__________

1 Faudrait peut-être laisser savoir au Premier ministre du Québec, Jean Charest, qu’il faut encore moins utiliser le mot intelligent lorsqu’on parle des tableaux blancs.
2. Je sais que tout ce qui est proposé dans ce billet peut être fait sans utiliser un tableau blanc. Je suis aussi conscient des lacunes ergonomiques de cet outil lorsqu’il s’agit de construction (clavier sur un plan vertical) et de collaboration (dos tourné aux élèves) mais, puisqu’ils seront là, imposés par des considérations politiques, aussi bien trouver des façons d’en faire bon usage!
3. Certains dans le milieu de l’enseignement commencent à parler de tébéiciel
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Ouverture vers le Web
Quelques bonnes raisons pour lever les restrictions (3/4)

Je ne suis pas un fan de Facebook. J’y vais rarement, seulement pour être en contact avec d’anciens élèves et de la parenté éloignée. Des gens que je ne verrais pas autrement.

Dans deux de mes billets précédents, 1 de 4 et 2 de 4 , j’ai décrit comment certains facteurs ont contribué à l’implantation d’un Web contrôlé dans le réseau scolaire. J’ai tenté de fournir des arguments pédagogiques valables pour lever l’interdiction sur Youtube et sur Twitter.

Aujourd’hui je souhaite présenter les raisons pour lesquelles je crois  qu’il serait intéressant d’ouvrir  Facebook* à l’école.

Mais, y a-t-il autre chose sur Facebook que des propos superficiels et insignifiants? Voyons voir…

Le développement personnel de l’élève

Ce que les jeunes ont déjà découvert par eux-mêmes – La capacité de s’organiser, de s’entraider, de s’impliquer

Les jeunes utilisent Facebook non seulement pour organiser des événements sociaux, sportifs ou musicaux mais aussi pour créer des groupes d’entraide.

Pour se retrouver (le but original de Facebook était de permettre à des étudiants de garder contact après l’obtention de leur diplôme) ou, plus sérieusement, pour s’engager, Facebook est un endroit qui plaît aux jeunes.

À titre d’exemple d’engagement, le groupe créé en mai 2010 pour partager des idées en prévision de l’épreuve d’écriture du Ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport du Québec, L’engagement thème de l’examen d’écriture, parlons-en! administrée en 5e secondaire. Une page qui avait attiré près de 9000 jeunes venus pour partager des informations et faire des commentaires. D’autres événements, avec une intention sociale plus large comme le groupe Opération Claude Robinson, «Un groupe de citoyens et d’amis de Claude Robinson qui souhaitent le soutenir dans sa lutte.» ou encore, même s’ils n’ont pas encore le droit de vote, les pages des principaux partis politiques au Québec et au Canada pourraient aussi être utilisées pour développer la conscience sociale et politique des jeunes en étant témoins des débats qui y ont cours.

Addendum 2011 04 14 - J’ai découvert aujourd’hui grâce à Christophe Bernard un nouveau jeu MMOPRG, America 2049, un jeu de rôle sérieux (anticipation/science-fiction) qui incite les participants à trouver des solutions à des problèmes fictifs mais tout de même proches de la réalité.

Ce qui manque aux jeunes pour protéger leur identité numérique et modérer leurs propos –  Une occasion unique pour apprendre à développer un esprit critique et un sens éthique dans les espace publics

Dernièrement, un stagiaire me confiait que certains des élèves qu’il initie à l’utilisation des blogues, utilisent le forum de l’espace privé du blogue pour se quereller. Des chicanes de cours d’école ce n’est pas nouveau, c’est juste que dans ce contexte-ci ça se fait par écrit et que ça laisse des traces. Pour Facebook c’est un peu la même chose sauf que, dans ce cas-ci, les  altercations ont lieu devant une fenêtre qui prend la planète comme témoin.

Comment apprendre à développer des comportements sains afin d’éviter d’être une proie facile  face au cynisme, à la diffamation, à l’intimidation, au « taxage » affectif , à l’exclusion, au rejet ou, à l’autre bout du spectre, pour apprendre à éviter de  passer son temps dans un espace de prédateur qui cherche la noise, qui veut se faire justice, qui cherche à se venger , à détruire la réputation d’autrui?

Le défi, c’est de guider les élèves vers une appropriation des codes qui leur permettent de s’exprimer de façon appropriée dans des espaces plus ou moins publics.  S’exprimer de façon appropriée, c’est accorder de l’importance à la forme et au fond, c’est prendre en considération le public auquel on s’adresse et enfin, c’est avoir une posture éthique acceptable.

Ce défi passe par l’éducation aux médias et par une réflexion poussée sur les incidences et les risques d’écrire dans un espace public; pas par la fermeture des réseaux. Ce défi passe aussi par une revalorisation de l’estime de soi. Quand on a une bonne estime de soi, on n’a guère besoin de démolir les autres.

Facebook est un terreau fertile pour apprendre à démêler tout ça.

Il faut permettre aux enseignants d’aider les jeunes à évoluer dans ce sens. Il faut leur permettre d’accompagner les jeunes pour qu’ils apprennent à agir de façon respectueuse, à adopter un comportement de citoyens responsables.

Le développement professionnel de l’enseignant

La plupart des enseignants que je croise ont déjà un compte Facebook personnel. Peu d’entre eux ont eu l’idée d’ouvrir une page professionnelle. Pourquoi le feraient-ils? Tout simplement pour se créer une communauté qui partage leurs intérêts et leurs préoccupations, pour s’abonner à des groupes qui les intéressent dans le cadre de leur profession. L’effet prévisible à long terme ? Ils  finiront par avoir le goût d’adhérer à une communauté de pratiques.

De tels groupes, constitués autour d’intérêts de nature pédagogique, existent déjà. C’est le cas, entre autres, du iSchool Initiative, mis en place par un jeune étudiant du secondaire. pour montrer la pertinence d’outils mobiles dans l’école.

Même les instances gouvernementales ont senti le besoin de s’associer à Facebook pour soutenir certains programmes.

À titre d’exemple, le groupe  Ça a l’air bon ce que tu lis, créé par le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec pour faire la promotion de la lecture dans le cadre de son Plan d’action sur la lecture à l’école.

Certaines commissions scolaires commencent aussi à afficher leurs profils institutionnels sur Facebook mais, c’est une présence qui est encore timide. Et pourtant, ces lieux de rencontres virtuels pourraient devenir des catalyseurs, des points d’ancrage entre l’école et la communauté, entre les enseignants et les parents. Un lieu exceptionnel pour faire la promotion des bons coups. À titre d’exemple, cet événement culturel sur le slam tenu à la Commission scolaire Marie-Victorin le 17 mars 2011 qui a connu un succès retentissant et qui aurait tellement gagné à être mis en évidence sur la page officielle Facebook de la CSMV, devenant ainsi un lieu privilégié pour valoriser les productions des élèves et le travail des enseignants qui les ont accompagnés.

Pour conclure, ouvrir Facebook au milieu scolaire, c’est utiliser un espace où les jeunes se sentent déjà à l’aise afin de les rejoindre et de les aider à évoluer. C’est aussi permettre aux enseignants d’utiliser cette plateforme pour être en réseau avec des gens qui partagent leurs intérêts et leurs préoccupations.

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* Le 27 février dernier, j’ai publié sur Facebook la question suivante : «Comment utiliser Facebook de façon rentable à l’école? Vos idées SVP :-)» J’espère que les réactions seront aussi nombreuses que celles recueillies au sujet de Twitter avec le croisillon #20raisons. Petit problème… j’ai décidé de faire ça la veille de la «journée mondiale sans Facebook». si bien que je n’ai pas de réponse à ma demande.
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Ouverture vers le Web
Quelques bonnes raisons pour lever les restrictions (2/4)

Dans un billet précédent, je décrivais comment certains facteurs avaient contribué à l’implantation d’un Web contrôlé dans le réseau scolaire. Je présentais aussi quelques arguments pour lever l’interdiction sur le service Youtube. Mais il n’y a pas que Youtube qui soit en cause. D’autres services Web qui, bien que parfois perçus comme une menace par les autorités, constituent un environnement riche pour éduquer.

Aujourd’hui, avec ce billet (le deuxième d’une série de quatre), je vous propose de poursuivre la réflexion pour aller au-delà des préjugés et des légendes urbaines, en vous présentant les avantages de Twitter en éducation. Bien qu’il soit vrai que certains gazouilleurs (ciel que je n’aime pas ce mot!) se servent de cet environnement seulement pour parler d’eux-mêmes (en anglais on parle de MEformers), d’autres utilisent le micro-blogging comme véritable outil d’information*, d’échanges et de communication (on parlera alors de INformers). Personnellement, je me sers de Twitter surtout à des fins professionnelles mais je me  permets parfois, je dois l’avouer, d’être un meformer.

Il faut être conscient que le micro-blogging s’articule autour de «temps courts» pour écrire et pour lire. Très souvent cependant, les liens abrégés inclus dans les tweets entraînement le lecteur vers des «temps longs» d’analyse de documents plus détaillés, de dossiers étoffés et de textes fondateurs.

Afin de trouver des arguments valables pour faire l’apologie du micro-blogging, j’ai lancé un appel à ma communauté  pour qu’elle me fournisse de bonnes raisons pour laisser entrer Twitter à l’école, j’ai lui demandé de me donner #20raisons** pour utiliser le micro-blogue à des fins pédagogiques. La réponse à mon appel fut impressionnante. J’en profite d’ailleurs pour remercier les gens qui ont répondu à ma demande aussi rapidement.

Par la suite j’ai pu extraire le Wordle ci-dessous pour visualiser le tout (vous pouvez cliquer sur l’illustration pour la voir à sa pleine taille. Dans ce schéma, il est important d’accorder autant d’importance aux mots en petits caractères qu’à ceux écrits en gros.

Le développement personnel de l’élève

En tout premier lieu, il importe de savoir que le  micro-blogging, à l’opposé du réseau Facebook, n’est pas populaire chez les jeunes. Une analyse faite en 2009 chez Pew Internet démontrait que, aux États-Unis, seulement 8% des adolescents auraient adopté cette façon de partager avec leur communauté d’amis. Selon danah boyd, ceci s’expliquerait par le fait que ce serait pour les jeunes une façon trop publique de communiquer.

Par contre, il faut aussi savoir que certains enseignants s’en servent déjà avec leurs élèves. Le micro-blogging constitue une façon efficace pour s’assurer que les élèves soient des acteurs dynamiques lors de leurs apprentissages.

La e-littératie – de spectateur passif à acteur engagé

Les élèves peuvent accéder à de l’info-reportage en temps réel, et, du même coup, apprendre à analyser l’information, déterminer si la source est fiable ou non. Les jeunes sont préoccupés par ce qui se passe dans le monde, les événements tragiques comme le tremblement de terre en Haïti, les événements en Iran et en Libye ou d’autres à dénouement plus heureux comme les événements en Tunisie et en Égypte, dont le déroulement est accessible en temps réel. En s’abonnant à des gens qui offrent un témoignage de première ligne, ils ont accès à la nouvelle avant même qu’elle ne soit diffusée sur les grands réseaux d’information.

Un exemple récent, celui de Wael Ghonim, cet employé de Google qui s’est servi de Twitter pour courageusement commenter la situation dans son pays au moment où le peuple égyptien était descendu dans la rue pour revendiquer le départ d’Hosni Mubarak.

Les jeunes peuvent aussi faire appel à l’expertise de spécialistes et de leurs pairs pour trouver rapidement des réponses à des questions relatives à leurs apprentissages, qu’il s’agisse de connaissances spécifiques, de notions ou de concepts.

Un exemple : l’équipe Scratch du MIT qui stimule l’intellect des jeunes en leur proposant des défis logico-mathématiques. Elle offre aux apprenants, non seulement la possibilité de poser des questions sur les problèmes qu’ils rencontrent, mais aussi de proposer des solutions originales.

 

La e-littérarité – du mouvement de l’Oulipo aux nanotextes en ligne

Les écrits courts ne datent pas d’hier en littérature.

Qu’il s’agisse de maximes, de proverbes ou de gazouillis, le défi est grand pour exprimer sa pensée de façon créative, en très peu de mots. C’est un défi fort intéressant lorsqu’on apprend à maîtriser une langue.

La twittérature et les tweetromans, vous connaissez? Il s’agit de courants littéraires qui sont en pleine émergence, qui sont en train d’acquérir leurs lettres de noblesse.

À titre d’exemple, une activité proposée par l’Institut de twittérature comparée : Les défis Borgès. Créés pour le festival littéraire Québec en toutes lettres, cette série d’activités propose une incursion originale dans l’œuvre de Borgès. «Ils posent des trappes à texte sur des parcours de lecture et d’écriture». Les élèves qui souhaitent relever les défis sont invités à écrire de courts textes de moins de 140 caractères. Développer sa compétence à maîtriser les écrits courts tout en apprenant à connaître un des grands de la littérature contemporaine. Peut-on être plus pédagogique que ça?

Addendum 2011 03 05 Un article paru dans le journal Le Soleil du 5 mars 2011 Twitter sur les bancs d’école. Des élèves de la classe de @AnnieSentiers (via @nathcouz) utilisent le micro-blogging pour apprendre avec le soutien et l’expertise de @pierrepaulpleau.
Addendum 2011 04 16 Sur le site vousnousils Twitter en classe : une pratique qui séduit professeurs et élèves.
Addendum 2011 05 31 Un interview de Annie Côté (@AnnieSentiers) sur une chaîne de radio française à 46 minutes 10 secondes.

Un autre exemple, Croisade, le roman de Thierry Crouzet, élaboré à partir d’entrées sur Twitter. C’est un thriller issu d’un twiller. Monsieur Crouzet a écrit ce roman comme une série de plus de 5200 tweets postés entre le 25 décembre 2008 et le 1er avril 2010. Tous les tweets qui ont servi à le créer sont disponibles sur @tcrouzet.

Dans les deux cas, le défi est le même : écrire quelque chose de sensé et compréhensible en moins de 141 caractères. N’est-ce pas là un outil remarquable pour apprendre aux jeunes à avoir un discours axé sur la synthèse?

Addendum 2011/03/01 Micronouvelles en tweets

Le développement professionnel de l’enseignant

Twitter est un environnement très efficace pour constituer des communautés de pratiques, pour partager ses bons coups et découvertes pour demander conseil et, comme on a pu le constater au début de ce billet, trouver des réponses à ses questions.

 

Qu’il s’agisse d’évaluation, de programmes ou encore de décisions politiques relatives à des investissements en éducation, les informations à la une ou en primeur sont trop souvent homogénéisées, obtenues par communiqués de presse. Elles sont dépourvues de nuances  et ne présentent que rarement la divergence des points de vue. Twitter permet aux enseignants d’aller chercher différentes opinions, de questionner et de se questionner et ainsi, contrer la convergence avec un outil qui favorise la divergence.

À titre d’exemple, mon collègue Pierre Couillard, un professionnel de la techno-pédagogie, proposait dernièrement un lien menant vers un article qui jette un regard plus critique sur la pertinence des tableaux blancs numériques.

C’est aussi un outil efficace pour entretenir une communauté d’apprentissages, une communauté qui s’étend bien au-delà des murs de la classe et de l’école.

Un exemple, celui de Laurence Juin (@frompennylane) qui est une figure de proue dans l’utilisation de Twitter en classe. Elle se sert de ce média comme support complémentaire à son cours et aussi pour favoriser l’interactivité entre elle et ses élèves.

Je vous suggère de prendre connaissance de l’entrevue qu’elle donnait en janvier 2010 à Alexandra Francon, spécialiste en communication.  (obtenue via @mdunias).

Je tiens à conclure en relatant un fait divers qui a capté mon attention alors que je préparais ce billet. Unheard in New York est un OSBL qui vise à donner la parole aux sans-abris en leur offrant un téléphone portable avec un forfait data. Un de ces sans-abri, Daniel Morales a pu ainsi retrouver sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plus de dix ans et, du même coup,  connaître ses petits-enfants. Et son histoire n’est pas la seule. Découvrez-en d’autres sur le fil Twitter de Unheard in New-York.

À mon sens, ceci démontre que, lorsqu’on place le pouvoir des mots entre les mains des citoyens, même les plus démunis,  on va pas mal plus loin que la trivialité du bavardage.

Il reste deux billets à venir en lien avec le thème de l’ouverture sur le Web, un sur Facebook, l’autre sur Skype. D’ici là , je vous invite à me faire parvenir vos commentaires.

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** Je crois bien que c’est ce type d’utilisateur que madame Lise Bissonnette traitait de  placoteux dans son allocution à l’Assemblée nationale en avril 2010. Après avoir écouté ses propos, il est clair que madame Bissonnette met en opposition le journalisme traditionnel et le journalisme citoyen alors que, à mon sens, elle devrait les regardercomme étant complémentaires.
** Comme le croisillon #20raisons ne sera pas disponible ad infinitum, le document pdf de cet échange est ici.
Un pearltree sur le sujet de @yannleroux obtenu via @mdunias professeur dans un lycée en Nouvelle-calédonie
Neuf raisons pour utiliser Twitter en classe, listées sur Tech and Learning (en anglais)
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