Les jeux de rôle en temps de pandémie ?
Dragons et dulcinées, version COVID-19 !

What if education could be made into a role-playing game (RPG) where students played characters, completed quests, and earned experience points? The idea of turning education into a game has received much attention in the last few years. This concept is different from traditional forms of game-based learning, which focus on the benefits of embedding commercial games or so-called « serious games »–games designed to teach specific content–into learning environments, a practice that boasts countless examples, hundreds of research studies, and at least a half-dozen meta-analyses. Rather, it hinges upon the idea of turning the classroom itself–whether it be a traditional brick-and-mortar space or an online virtual space–into a game by revamping pedagogy and curricula to look and feel more like games. These efforts are part of a larger trend called « gamification. »
Francesco Crocco
The RPG Classroom: How Role-Playing Games Have Influenced the Gamification of Education1 2016

En 2017, j’avais publié un billet sur les jeux d’aventures, un sujet qui me tient à cœur. Aujourd’hui, je vous partage un entretien virtuel avec une enseignante qui utilise cette formule avec des élèves du secondaire depuis quelques années. Ce témoignage sera suivi d’une invitation.

Le jeux de rôles est une façon non conventionnelle ( et peu directive ) de faire faire des apprentissages à des élèves. Cette forme de jeu mise sur les apprentissages par enquêtes (Inquiery Based Learning) et sur la coopération entre les pairs plutôt que sur la compétition pour obtenir de bons scores ( j’utilise volontairement le mot score au lieu évaluation, car il est plus proche de la forme actuelle utilisée pour évaluer ).

Cette approche encourage l’enseignant.te à devenir un médiateur. Au Québec, le jeu de rôle en classe a fait ses preuves dans quelques écoles au primaire ( deuxième et troisième cycle ) ainsi qu’au collégial (Collège Jean-de-Brébeuf dans les années quatre-vingt ). Les jeux de rôles favorisent le développement du jugement critique et permettent d’apprendre à traiter l’information. Ils combinent littératie et littérarité. Ils sont particulièrement efficaces pour mobiliser l’énergie des garçons dans le cadre d’un cours de français.

Aujourd’hui, je vous partage un bref échange que j’ai eu plus tôt cette semaine  avec Claudine Paquet, une enseignante en 1re secondaire à l’école Sainte-Marie  située à Princeville dans la région des Bois-Francs. Depuis quelques années, Claudine utilise le jeu de rôles en classe.

Il y a quelque temps, Claudine m’a informé qu’elle avait continué à faire vivre le jeu Dragons et Dulcinées à ses élèves en utilisant une application de vidéoconférence. Je lui avais demandé de m’en dire un peu plus.

Voici le bref échange2 que nous avons eu par Messenger (2020 05 11) :

Claudine
Au moment où nous avons quitté l’école, mes élèves avaient eu le temps de créer leur avatar, de m’écrire un premier texte sur leur personnage… et de commencer à peine leur recherche sur le site. BAM… COVID. Quelle déception ! Dans les dernières années, une collègue avait créé un « grimoire3» pour consigner les infos importantes du site, car à la suite de cela, durant le jeu, je leur interdisais de pouvoir être connectés… question de les forcer à lire et synthétiser l’info, car volontairement, le document est fait pour avoir peu de place pour écrire.Donc, ils sont partis avec ça aussi. On a passé les 2 premières semaines sans trop faire quoi que ce soit… Mes élèves avaient tellement hâte de jouer ! À ce moment-là, je ne connaissais pas Zoom4…et puis là, évidemment, on a fini par s’enlever les doigts dedans le nez (!) et je vois la possibilité de jouer… J’ai donc proposé à l’ensemble de mes élèves de faire partie d’une seule et même équipe. Et j’ai commencé la quête avec 8-9 joueurs… ça s’est parlé et là, on est 15, avec des « observateurs »… ils ne souhaitent pas jouer, mais aiment bien écouter les niaiseries qui sont proposées et les aventures. Et depuis 2 semaines, les jeunes m’ont demandé de jouer 2 fois par semaine ! (au départ, ce n’était qu’une fois). La gestion de la parole n’est pas tout le temps évidente, on dirait qu’ils ont tous la même voix (!) et des fois, ce n’est pas très fluide selon la connexion. Mais on apprend à vivre avec ces défauts…au moins, on joue et eux n’ont pas connu d’autres versions. Parfois, je fais des partages d’écran et je les amène sur le site, je leur fais lire des infos qu’ils ont échappées et, contrairement à la vie d’avant, c’est moi qui fais les résumés des rencontres… c’est un peu trop pour eux. Les parents entendent évidemment ce qui se passe durant le jeu, ça ajoute des fois des situations cocasses. Et j’ai même un ancien de 4e secondaire, qui a une soeur en 1re secondaire, qui m’a demandé de jouer avec nous… Quand même pas pire !Moi
Je suis tellement heureux de savoir que tu profites des retombées de ce type d’apprentissages ! J’aurais tellement aimé partir une communauté d’apprentissage avec des profs.Claudine
Oui. Et ça fut salutaire pour mes élèves qui ont participé depuis le début de la mise en place de DetD version COVID. Plusieurs parents ont témoigné de l’amélioration de leur humeur après nos rencontres. Ce n’est pas rien !

Je termine en vous vous lançant une invitation.

Les apprentissages académiques à distance sont souvent pénibles et peu motivants.

Les jeux de rôles s’éloignent du cadre traditionnel. Ils  favorisent, j’en suis persuadé, des apprentissages de qualité.

Je crois également, pour l’avoir expérimenté avec mes élèves pendant plusieurs années, qu’ils favorisent exponentiellement la motivation des apprenants ( tant la motivation  intrinsèque que la motivation  extrinsèque ).

Une invitation

AA

Si vous enseigner au primaire ou au secondaire, si vous connaissez un.e enseignant.e, je vous propose une séance d’information en ligne pour vous parler de l’approche et pour amorcer une réflexion avec vous sur la valeur ajoutée des jeux de rôle en éducation.

Vous n’avez qu’à laisser un message à cet effet dans les commentaires.

Dans un deuxième temps, il y aurait la possibilité de s’inscrire à une formation de deux demi-journées suivies d’un accompagnement virtuel.

Il serait par la suite possible aux personnes inscrites qui le souhaitent, de se lancer dans l’univers fascinant du jeu de rôle avec leurs élèves… de façon virtuelle et, éventuellement, en classe. Je pourrais être présent à distance par visioconférence lors des premières joutes.

Qu’en dites-vous ? Ça vous tente de vous lancer ?

N.B. Si vous n’êtes pas à l’aise avec le cadre médiéval de Dragons et dulcinées, il y a métaKron, un autre jeu, contemporain celui-là, qui fonctionne selon les mêmes principes.

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1. The RPG Classroom: How Role-Playing Games Have Influenced the Gamification of Education
2. J’ai eu  le consentement de Claudine Paquet pour partager cet échange.
3. Ce document a été conçue par Alexandra Mercier en collaboration avec Claudine Paquet
4. Zoom est une application présentement très populaire qui permet de faire de la vidéoconférence

 

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