Culture et société

Du praxinoscope d’Émile Raynaud au Second Life de Philip Linden

L’exposition Il était une fois Walt Disney débute avec le visionnement des tous premiers films d’animation. C’est en regardant le premier film d’animation d’Émile Raynaud, tourné en 1894 que j’ai senti qu’il pouvait exister un lien entre le dessin d’animation et l’univers virtuel que nous propose Second Life.

Cette impression a été confirmée en découvrant l’oeuvre de Disney. Alors que les dessins animés de Disney ont permis une représentation visuelle des contes, et des livres classiques, et qu’ils ont permis à de nombreux spectateurs de s’évader dans des mondes fantastiques, Second Life permet aujourd’hui à qui le veut, de devenir un participant actif dans de nombreux mondes virtuels. Maintenant, nul besoin de se limiter au rôle de spectateur, il est possible de créer soi-même des environnements virtuels, de vivre et de faire vivre ses propres « dessins animés ».

En évoluant dans les galeries de l’exposition, mon observation et ma réflexion a surtout porté sur les trois points suivants :

Passer de spectateur à participant

Alors que le journalisme vectoriel limitait le citoyen à un rôle de lecteur ou de spectateur (et de participant occasionnel en lui permettant de s’exprimer par des lettres ouvertes ou des voxpop), l’émergence du journalisme citoyen (blogues, YouTube, etc.) permet à qui le veut, de s’exprimer et de prendre part activement au monde de l’information et à des débats sur la place publique virtuelle.

On peut dire qu’il en est maintenant ainsi dans le monde de l’animation.

Plusieurs générations d’enfants, jeunes et moins jeunes ont lu ou se sont fait raconter Alice au pays des merveilles . Mes parents m’ont amené voir la même histoire en dessin animé au cinéma. Voici que maintenant l’avatar qui me personnifie dans Second Life peut vivre le rêve d’Alice en virtuel et, comme elle, suivre un « lapin pressé », non pas dans les jardins de la Dame de Coeur mais dans les rues de la Zone 51 (ce lapin m’a mené au Bac de sable Francophone où j’ai pu apprendre à créer des objets virtuels).



Mon avatar et un « lapin pressé » rencontré dans la Zone 51 (108, 30, 26)

Les vues à vol d’oiseau

Plus loin dans l’exposition, j’ai vu une maquette de l’île de Neverland, l’île imaginaire où vivait Peter Pan. Les dessinateurs des studios Disney travaillaient avec des maquettes en trois dimensions afin de pouvoir donner plus de profondeur et de réalisme à leurs illustrations. Dans plusieurs scènes des films d’animation de Disney, le spectateur a une vue à vol d’oiseau de l’endroit où l’action va se dérouler. Cela lui permet de situer l’action. Dans Second Life, il est possible de faire voler son avatar au-dessus des endroits que l’on désire explorer. Cela nous permet d’avoir une vue d’ensemble du territoire à explorer.


Mon avatar au-dessus de l’île de Svarga (128, 128, 0), une biosphère virtuelle qui, visuellement, fait penser à Neverland

Anthropomorphisme

Disney était fasciné par l’anthropomorphisme. Pinocchio passant de pantin à enfant, la reine de Blanche-neige se transformant en méchante sorcière, la fée Clochette, tous les animaux parlants, de Mickey à Pluto, tous les animaux multi-formes et multi-couleurs de Fantasia... voilà autant d’exemples de méthamorphoses dont la source provient de l’imaginaire des illustrateurs de Disney.

Lorqu’on s’inscrit pour aller dans Second Life, on nous offre un choix de personnages « neutres » qu’il sera possible de modifier par la suite. Certains membres choisiront d’opter pour le réalisme (ce qui est mon cas) et de créer un avatar à leur image. D’autres, plus fantaisistes, choisiront de se métamorphoser complètement. Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de transformations assez saisissantes.




De gauche à droite :
sur la première ligne, un ange blanc rencontré à Paris 1900, un ange noir vu à Gaïa, un couple singulier aussi vu à Gaïa ; sur la deuxième ligne, un guépard dans une région reliée au NMC Campus, une femme à ailes de papillons traversant un bas de sable de la Zone 51, un cheval hybride vu sur la place publique à Parioli et un femme-papillon croisée au même endroit.

Les dessins animés ont simulé notre imagination. Second Life propose au participant de devenir le créateur de ses propres expériences.

Tout comme Walt Disney, Philip Linden (Philip Rosedale dans la vraie vie), fondateur de Second Life, dira sans doute un jour : « et n’oubliez pas que tout a commencé avec une souris » :-)

 

Pour en discuter...