Communautés d’apprenants

Enseigner aujourd’hui : la compétence éthique

Le 28 novembre 2006, Georges Leroux, professeur au Département de philosophie de l’UQAM, donnait une conférence lors de la Session d’automne de formation des personnes-ressources.

Son propos, très inspirant, visait à nous ramener à l’essentiel de l’acte éducatif. Son allocution débutait avec une citation de Hannah Arendt  :

« L’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité, et de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler le monde commun. »

Monsieur Leroux nous a livré un message vibrant, axé sur la modernité, une réflexion empreinte d’humanisme.

À la lumière de certaines manifestations organisées appelant à une résistance au changement, il est important de se recentrer sur la réalité qui justifie ces changements nous menant à un nouveau paradigme. Cette dernière s’articule autour de trois axes : l’enjeu de la réussite pour tous et l’école démocratique, l’enjeu de la différence et enfin l’enjeu de l’intégration citoyenne.

« C’est à cette jonction qu’une réflexion radicalement neuve est exigée de nous : même si la philosophie de l’éducation est souvent revenue sur ce point, rien ne laissait prévoir l’explosion sociale et culturelle dont nous sommes témoins aujourd’hui. Si nous considérons le cours classique d’autrefois, sa limite externe était son indifférence à la prospérité, à la création et à la technique et sa limite interne, l’unicité du modèle imposé à tous. Il est facile d’être nostalgique du cours classique ; il est plus difficile d’écouter ceux qui en étaient exclus, dehors comme dedans, en particulier les techniciens et les créateurs, toujours méprisés par les gens de robe, avocats et prêtres confondus. Par comparaison, les finalités mises de l’avant aujourd’hui sont beaucoup plus centrées sur la réalisation de l’individu, et chacun fait l’hypothèse d’un ajustement équilibré aux besoins de la société. L’équilibre toujours très personnel entre ces besoins et le projet de vie des jeunes n’apparaît en effet souvent qu’au terme du parcours, et souvent même après une suite douloureuse d’essais et d’erreurs qui est en fait un itinéraire de connaissance de soi : Qui suis-je ? Quels sont mes talents ? Comment la société peut-elle m’accueillir, mais aussi comment puis-je la servir ? Telles sont les questions qui habitent la quête de chacun dans l’école et déterminent sa motivation dans l’apprentissage. »

Pour prendre connaissance du texte complet de la conférence de Georges Leroux, vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

 

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