, un photographe. qui s’est fait connaître, entre autres, avec son exposition Mines d’ordures (présentée à la Tohu, à Montréal). Sur le site de monsieur Pichard, on trouve un diaporama des photos présentées à l’exposition. Ces photos sont entrecoupées par des commentaires, ceux du photographe et ceux des gens qu’il a croisés lors de son périple1.
Voici l’un des textes de l’exposition qui m’a le plus marqué. et qui a réactivé mon aversion pour la télé-réalité.
« Tous les mois environ, un 38 tonnes vient décharger sa cargaison d’oeuf de poule. Il proviennent d’une batterie de la banlieu de Dakar. Tous les oeufs qui n’ont pas éclos à une certaine date sont considérés comme non viables et sont jetés sur la décharge. Ce jour là, c’est l’hystérie, deux cents personnes se battent pour récupérer le plus possible de ces oeufs. Ils les cassent pour en sortir les rares poussins encore en vie qu’ils élèveront dans des bidonvilles de la décharge. Trois jours plus tard, l’odeur est fétide, insupportable et provoque la nausée. Au sol, des millions d’asticots ont remplacé les embryons ou les poussins morts. On s’y enfonce jusqu’aux genoux, les gamins jusqu’à la taille.
De retour en France, je tombe sur une émission de télé effrayante, « Fear Factor », un bachelor écervelé ou une bimbo siliconée se font recouvrir d’asticots dans une baignoire... Divertissant. »
Morale de cette histoire : pourquoi s’occuper de la vraie misère quand on peut s’en fabriquer de la fausse et assouvir un public de voyeurs confortablement installés sur leur divan.
Présentement, ce format d’émission est une vache à lait pour la télévision. Cette dernière mise sur la TR pour développer de la télé à coûts minimes, des émissions sans grande créativité, attirant la publicité (qui va aux plus fortes cotes d’écoutes ) et s’assurant de profits démesurés.
Que faire devant cette mécanique monstrueuse qui dénature la misère et la souffrance ?
Je propose de sensibiliser le plus de personnes possible de son entourage à un boycott de toute forme de télé-réalité. Ce n’est qu’avec une baisse des cotes d’écoute que les commanditaires comprendront le message.
Pour ma part, je m’engage écrire à une chaine de télévision américaine et une chaine locale qui offrent de la télé-réalité pour leur suggérer d’investir dans la vraie misère au lieu de profiter de la misère factice en les invitant à visiter la section du site de P.A. Pichard dédiée aux Mines d’ordures.
______________
1 En après midi, je me suis rendu à la Tohu pour voir l’exposition de visu. Il y a la une série de photos remarquables. Elles questionnent tant nos habitudes de consommateurs nord-américains que notre façon de régir les ordures. Elle nous fait prendre conscience d’un écart phénoménal entre notre vie de confort et celle de toutes ces personnes adultes, enfants et vieillard qui, tel que Job, vivent littéralement sur des piles d’immondices.