Médias

La publicité extrême

À chaque fois que je regarde la télé, je suis étonné de constater à quel point les agences de publicité sont prêtes à n’importe quoi pour faire la promotion des produits de leurs clients.

La tendance actuelle ? Incorporer des éléments de violence et de méchanceté gratuites pour mettre en valeur les produits. C’est de la publicité extrême.

Il y a cette annonce du jeune couple assis à l’arrière d’un taxi où le jeune homme déballe de la gomme à mâcher. Dès qu’il insère la gomme dans sa bouche, sa tête se congèle et se détache de ses épaules, tombant sur les genoux de la jeune dame qui lance un cri horrifié. Façon singulière de s’y prendre pour souligner que cette gomme rafraîchit de façon radicale.

Il y a celle de ce jeune homme un peu trop curieux qui passe sa tête dans un trou pour fouiner dans le chalet voisin et qui, pour ne pas se faire prendre, se fait passer pour un trophée de chasse, bouche ouverte, dents avancées, que les habitants du chalet utilisent comme décapsuleur de bouteilles de bière. Outch !

Il y a aussi cette pause publicitaire où on voit des jeunes hommes foncer, tête première, dans une vitrine hypnotisés par la bière qui y est étalée alors qu’un ouvrier, juste à côté, continue à laver ses vitres sans réagir, sans s’interposer, sans manifester la moindre trace d’empathie. Morale de cette pub : cette bière est tellement désirable que, même si on se casse le nez pour en avoir, ce n’est pas grave !

Depuis quelque temps, on peut aussi voir l’annonce d’une chaîne de restauration où le propriétaire de la chaîne se met à frapper des poings une tête descendue du plafond comme s’il s’agissait d’un « punching bag ». L’intention des concepteurs est de prouver que ce restaurant est un endroit « cool » où se rassemblent les « vrais sportifs ».

Enfin, il y a cette pub d’une compagnie automobile où un humble mécanicien se fait humilier devant de savants ingénieurs automobiles. J’avoue que je n’ai même pas le goût de trouver la « morale » de cette annonce !

N’y a-t-il pas un risque que des consommateurs « pas trop avertis » finissent par acheter l’idée en plus d’acheter le produit ? Comme le tout est présenté avec humour, les agences de publicité ont le prétexte facile pour légitimer leur message. Si c’est drôle à la télé, ça doit aussi être drôle dans la vraie vie. Bien sûr !

Que va-t-il nous arriver si nous continuons à banaliser et valoriser la violence dans les pubs ? Où cela mènera-t-il ? Où cela a-t-il déjà commencé à nous mener ?

Il y a le Prix citron de la pub... on devrait peut-être songer à instaurer le Prix ciguë.

Nous sommes bien loin de l’idée originale du père de Montaigne qui souhaitait, en bon homme d’affaires, trouver un lieu pour « s’entr’advertir ».

 

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