Communautés d’apprenants

Le Renouveau pédagogique au banc des accusés

Depuis plusieurs mois, certains journalistes et certains universitaires s’en prennent au Renouveau pédagogique et surtout à la pédagogie par projet.

Une guerre à finir entre les promoteurs du socioconstructivisme et les inconditionnels de l’enseignement explicite.

Les tenants de l’enseignement explicite affirment, recherches scientifiques à l’appui, que la pédagogie par projets est néfaste pour favoriser les apprentissages chez les élèves. Or, il n’est écrit nulle part dans le Programme de formation de l’École québécoise que les intervenants en éducation doivent s’en tenir à une forme unique d’enseignement, pas plus qu’il n’est écrit qu’une de ces formes est supérieure à une autre.

Médias alarmistes et recherches scientifiques pessimistes : une fort mauvaise combinaison qui a fini par en inquiéter plusieurs.

Se pourrait-il que, d’une part, les analyses faites à date sur le Renouveau pédagogique l’aient été à partir de l’observation de sujets, enseignants et élèves, qui ne le vivait pas adéquatement dans leurs classes ? Se pourrait-il qu’il existe des arguments favorables au Renouveau pédagogique et à la pédagogie par projets dont les médias et les tenants de l’enseignement explicite ne tiennent pas compte dans leur discours ?

Les arguments et les données des experts

Lors d’une intervention sur la liste de diffusion Édu-ressources, François Larose, professeur au Centre de recherche sur l’intervention scolaire de l’Université de Sherbrooke, écrivait ce qui suit :

« Mes conclusions actuelles c’est que tout dispositif pédagogique, comme les dispositifs instrumentaux d’ailleurs, utilisé à bon escient et de façon complémentaire plutôt qu’exclusive, peut produire de bons résultats au plan du soutien à l’apprentissage. Il en va ainsi du recours au projet comme du recours à d’autres façons d’organiser et de gérer son enseignement (y incluant des moments d’enseignement de type frontal). L’enseignement en projet peut s’avérer très efficace pour soutenir, par exemple, l’intégration des réalités sociales ou environnementales qui caractérisent le milieu de vie de l’élève. Tout dépend de comment le projet est bâti, du lien entre sa planification et les compétences disciplinaires ou transversales dont on désire soutenir l’acquisition et de l’usage qu’on fait du contexte projet pour évaluer et rétroagir avec les élèves par rapport à ces apprentissages. En soi, ce type de dispositif ne fait pas de miracle, pas plus que n’importe quel autre d’ailleurs. »

Le rapport de la Table de pilotage soutient le Renouveau pédagogique tout en préconisant certains ajustements.


Côté grand public, le vent semble vouloir tourner

On constate qu’un effort est fait par les médias pour dédramatiser les effets du Renouveau pédagogique.

Le 28 août 2006, Josée Boileau signait un éditorial intitulé À corriger où elle mettait en contexte certains faits relativement à l’application du Renouveau.

Le 10 septembre, l’émission La semaine verte présentait Jeunes écolos de Drummondville1 un bel exemple d’une pédagogie par projet « qui réussit » en permettant aux élèves de développer leurs compétences et d’acquérir des connaissances.

Leur plaisir d’apprendre était évident.

1. note : après avoir sélectionné ce lien, pour accéder au reportage, vous devrez choisir Télé dans le menu en haut à droite puis, La semaine verte, puis, le titre di reportage en question.

La 
chronique psychologie avec Rose-Marie Charest, présidente de l’ordre des psychologues du Québec, à l’émission C’est bien meilleur le matin enregistrée le

Le même jour, l’émission Enjeux présentait un reportage sur les effets à long terme du Renouveau intitulé Les cobayes de la réforme. Malgré ce titre peu flatteur et certaines affirmations erronées telles « les connaissances ont été remplacées par des compétences » ou « si j’ai 30 enfants, j’ai 30 rythmes différents » l’analyse faite présentait, à mon sens, un portrait plutôt réaliste de la situation. Lors de ce reportage on a pu voir certains élèves dans les différentes étapes de réalisation de leur projet, le projet Cour verte ; on pouvait voir comment les jeunes s’approprient la complexité, font des apprentissages et acquièrent des connaissances lorsqu’ils se trouvent placés dans un contexte signifiant.
13 septembre 2006 apportait des questions intéressantes sur la performance scolaire, sur la pertinence de la surévaluation et également sur les effets de celles-ci sur la motivation et l’estime de soi.

Leur plaisir d’apprendre était manifeste.

Les enseignants et enseignantes qu’on nous a présentés dans cette émission étaient engagés et préoccupés, non par un doute sur les bénéfices du Renouveau pédagogique, mais plutôt, et ce à juste titre, par le manque de ressources, humaines et matérielles, disponibles en classe pour mener à bien le changement de paradigme imposé par le Renouveau pédagogique.

J’espère que nous verrons de plus en plus de nouvelles manifestations du bien-fondé du Renouveau pédagogique.

Il faut mettre en valeur le travail des enseignants et des enseignantes qui ont choisi de vivre à fond le Renouveau et qui y trouvent une valeur ajoutée.

Autre billet écrit sur la pédagogie de projets : 
Le projet ESSAIM... 20 ans déjà !

 

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