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Culture et société
Une alternative au mépris
Le mépris ne mène à aucune solution. Il a un effet opposé. Il laisse ceux et celles qui en sont victimes dans une position de grande vulnérabilité. Les personnes qui en font l’objet se sentent jugées sans appel et, la plupart du temps, elles sont exclues du processus de solution.
Le mépris peut se manifester sous différentes formes, par des paroles, des comportements ou des actions.
Au cours de cette dernière année, trois personnalités publiques ont retenu mon attention pour le mépris qu’elles ont manifesté à l’endroit des groupes qu’elles avaient ciblés.
Paroles méprisantes
La déclaration de Pierre Mailloux relative au quotient intellectuel limité des noirs et des amérindiens en aura choqué plusieurs. Se basant sur une étude scientifique, le psychiatre a profité de sa présence à Tout le monde en parle pour faire la promotion de l’eugénisme scientifique.
Un professionnel a ouvertement fait la promotion du racisme en ondes. En agissant ainsi, il a :
- diminué les groupes qu’il visait,
- donné des munitions à tous les individus d’esprit étroit qui sont à l’affût de paroles haineuses pour légitimer leurs actions,
- fait perdre confiance à la capacité de jugement des gens de sa profession,
et, par le sensationnalisme de ses propos, il sera parvenu à :
- diminuer la crédibilité des émissions d’affaires publiques qui ont de plus en plus tendance à confondre information et divertissement.
Comportements méprisants
Avec ses propos et ses analogies boiteuses, Madame Monique Jérôme-Forget nous a fourni un bel exemple d’humour cynique, tantôt en cherchant de l’argent sous la table, tantôt en affirmant que les employés du secteur public demandaient la lune et la planète Mars et tantôt en montrant son impatience de régler, en menaçant d’imposer une loi spéciale pour aller faire cuire sa dinde pour Noël (lire ou voir le point de presse).
En agissant ainsi, la Ministre n’aura réussi qu’à :
- diminuer la crédibilité accordée aux personnes publiques,
- aliéner les travailleurs et travailleuses qui ont un rôle prépondérant sur le plan social, à savoir tous ceux et toutes celles qui éduquent, tous ceux et toutes celles qui soignent.
En adoptant une loi spéciale, elle et son gouvernement n’ont pas compris que le baîllon permet à l’état de procéder mais que, du même coup, il étouffe ceux qui en sont victimes et qu’il ne règle rien à long terme. Une loi imposée ne légitimise rien.
Actions méprisantes
Lors des événements dramatiques survenus en France au début du mois de novembre, le Ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, dans un élan « bushien », a affirmé qu’il falllait utiliser la force pour régler les problèmes sociaux dans son pays. Du même coup, il a réussi à faire la démonstration que « Fraternité, liberté, égalité » ne se conjugent plus en France.
Il ne faut pas être fraternel avec la « racaille ». Il faut la garder « bien à sa place », dans le silence et dans la pauvreté, brisant ainsi tout espoir de liberté et d’égalité. La devise française étant de plus en plus réservée aux citoyens BBR.
Du même coup, il aura :
- fait la démonstration que ses discours et ses actions ne sont pas cohérents. Le 16 janvier 2005, il affirmait devant les cadres de l’UMP :
« Tout ceci ne peut fonctionner que si nous sommes capables de bannir l’esprit de clan, l’esprit partisan, l’esprit de chapelle. Chacun doit pouvoir s’exprimer, défendre ses idées et faire valoir ses convictions en étant respecté. ».Ses déclarations ont démontré son manque de volonté d’appliquer ce qu’il juge souhaitable pour son parti à tous les citoyens de la République,
- donné raison au Front national,
- réussi à détourner l’attention du véritable problème : la richesse est affichée devant tous mais elle n’est accessible que pour certains.
Ce sont là des exemples de mépris bien différents, j’en conviens.
Ce qui est clair cependant, c’est que toutes les formes de mépris mènent au même résultat. Ceux et celles qui en sont victimes voient leur estime d’eux-mêmes réduite et, à différents niveaux, ils finissent par se sentir exclus.
Dès que cela se produit, ils cessent de contribuer de façon positive à l’évolution de la société ce qui, à long terme, ne peux mener qu’à des problèmes sociaux.
Pour combattre le mépris : l’inclusion
Voici deux exemples qui permettent de voir et de comprendre ce que donne l’inclusion plutôt que l’exclusion.
Les dirigeants de la La Tohu voient la diversité ethnique du quartier St-Michel comme un atout pour notre société.
Le professeur Richard Florida, de l’Université Carnegie Mellon, pour sa part, s’est intéressé à l’émergence d’une classe créative dans certaines villes du monde.
Selon lui, cette classe créative constitue un atout, une richesse, un élément essentiel au développement économique des villes dans les années à venir. Le concept de classe créative repose sur l’inclusion sociale. Donc, il n’y a pas de place ici pour le mépris .
Je compte, pour 2006, être vigilant afin de ne pas tomber dans le piège du mépris et aussi pour le combattre. Et vous ?
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